Qu’est-ce que la permaculture ?

Définition

La permaculture « est une méthode systémique et globale qui vise à concevoir des systèmes (par exemple des habitats humains et des systèmes agricoles, mais cela peut être appliqué à n’importe quel système) en s’inspirant de l’écologie naturelle (biomimétisme ou écomimétisme) et de la tradition. » (Source : Wikipédia)

La permaculture est avant tout une approche, visant à concevoir des projets qui demeurent les plus naturels et les plus respectueux de l’environnement possible.

L’approche par la permaculture est applicable au jardin

Elle repose sur la conception de systèmes agricoles respectueux des écosystèmes et nous invite à ré-adopter des pratiques anciennes.

Qu’est-ce qu’un écosystème ?

Un écosystème « est un ensemble dynamique d’organismes vivants (plantes, animaux et micro-organismes) qui interagissent entre eux et avec le milieu (sol, climat, eau, lumière) dans lequel ils vivent. » (Source : Wikipédia)

Cultiver un potager ou entretenir un jardin en permaculture implique de respecter les liens d’interdépendances entre les différents organismes vivants à l’intérieur et à la surface du sol.

Maintenant que vous savez ce qu’est la permaculture, je vais vous présenter les principes de cette approche.

Principe n°1 : La nature fait bien les choses

Il faut avoir en tête que tout ce qui pousse naturellement à une fonction ou une influence sur une autre chose.

Nous devons nous représenter le fonctionnement de la nature comme un cycle dont tous les éléments sont liés entre eux par des liens de dépendance.

Par conséquent, si l’on supprime un élément de la chaîne, on risque de bouleverser le cycle naturel et l’on risque de causer la disparition d’autres éléments.

Par exemple, nous savons que les racines ont généralement besoin d’eau et de soleil pour se développer et favoriser la croissance des végétaux.

Mais il y a tout un tas d’autres facteurs qui favorisent la croissance des végétaux. Par exemple, les micro-organismes présents dans la terre comme les bactéries et les champignons, permettent notamment de favoriser l’absorption des nutriments par les racines.

De plus, les oiseaux contribuent naturellement à faire pousser des arbres ou des fleurs un peu partout sur le territoire lorsqu’ils dispersent involontairement des graines pendant leur envol ou depuis leur habitat.

Si l’on supprimait ces éléments, l’équilibre naturel serait bouleversé.

Principe n°2 : Moins on en fait, mieux c’est

Le cycle de la nature est naturellement productif.

Pour avoir de meilleurs rendements, nous ne devrions pas essayer de perturber ce cycle en y introduisant n’importe quoi.

Nous devrions également faire attention aux éléments que nous hottons pour ne pas briser la chaîne d’interdépendance.

Concrètement, nous devons protéger les espèces vivantes en comprenant leurs besoins d’une part et en les laissant se développer à leurs rythmes d’autre part.

Principe n°3 : observer, reproduire et accompagner

Les êtres humains sont capables de produire des systèmes agricoles pour vivre en auto-suffisance et sélectionner les aliments qu’ils souhaitent consommer.

Mais ces systèmes agricoles ne peuvent être productifs que s’ils leur fonctionnement est proche d’un cycle déjà présent à l’état naturel.

Nous devons observer et comprendre le fonctionnement des systèmes naturels (forêts, zones humides…) et reproduire certaines conditions pour concevoir des systèmes agricoles productifs.

Par exemple, la prochaine fois que vous vous promènerez en forêt, vous remarquerez qu’il y a très peu de « mauvaises herbes » sur le sol. Ce fait s’explique en partie par la présence de feuilles mortes couvrant le sol.

Au jardin, il est possible de reproduire un système naturel proche de celui de la forêt en couvrant notamment le sol de feuilles d’arbres tombées au sol ou de petites branches.

Comment appliquer ces principes au jardin ?

En pratique, ces principes sont applicables en respectant un certain nombre de règles :

Ne pas utiliser de pesticides ou de produits chimiques

Ces produits peuvent contenir des produits toxiques pour certaines espèces comme les micro-organismes du sol et les abeilles.

Les abeilles permettent notamment de polliniser les plantes lorsqu’elles sont à la recherche de pollen. Sans leurs actions, les végétaux ne pourraient pas se reproduire et donner des fruits.

L’idée n’est pas de tuer les ravageurs en contact avec vos plantes mais de les en éloigner au préalable à l’aide de certaines astuces.

Pour protéger vos semis des limaces, vous pouvez par exemple les recouvrir à l’aide d’une bouteille de plastique découpée en deux.

Ne pas labourer ou retourner la terre

C’est une pratique controversée. Pour certains, le labourage permet d’aérer le sol en retirant notamment les racines inutiles. Mais pour d’autres, cette pratique est un désastre pour la vie du sol. En effet, les micro-organismes ont besoin de ses racines pour se nourrir. Leurs actions et leur déplacement permettent d’aérer naturellement le sol.

Enrichir la terre grâce à du compost, fumier ou engrais naturel

L’idée est de redonner à la nature certains éléments que nous lui avons hottée. Les épluchures de fruits et légumes vont enrichir la terre lorsqu’ils vont se décomposer.

Associer les cultures 

Cette approche consiste à favoriser les relations entre les plantes.

Saviez-vous que certaines plantes sont capables de s’entraider pour grandir davantage et se protéger entre-elles ?

Cela peut vous paraître incroyable mais c’est bien réel.

A l’inverse, certaines plantes ne sont pas faîtes pour cohabiter.

La sauge permet par exemple de favoriser la croissance d’un fraisier tandis le chou pourrait au contraire limiter sa croissance.

Certaines fleurs permettent aussi d’éloigner certains ravageurs.

Les œillets d’Inde par exemple, permettent d’éloigner les pucerons lorsqu’ils sont plantés à côté d’une culture.

Couvrir le sol 

Cette méthode comporte de nombreux avantages.

Elle permet notamment de réduire l’évaporation de l’eau entre deux arrosages. Vous pouvez arroser moins souvent.

La couverture du sol permet aussi de protéger les racines, limiter la propagation des mauvaises herbes, favoriser la croissance de la vie terrestre et augmenter la fertilité des végétaux.

Il est possible de couvrir son sol avec des copeaux de bois, des feuilles d’arbres tombées au sol, de l’herbe séchée ou de tontes de gazon…

Planter des graines ou des semis-issues de l’agriculture biologique

Cela coûte plus cher au départ mais vous aurez moins de chances que vos futurs plantes développement des maladies.

Ne pas tondre la pelouse

Là encore, vous pourrez économiser votre temps, votre énergie et votre argent, tout en évitant de perturber la biodiversité.

Voici une astuce plus naturelle : laisser un animal (cheval, âne, mouton, chèvre..) s’en charger à son rythme. Il se fera un plaisir de manger votre herbe 😉

Laisser pousser les « mauvaises herbes »

Je mets volontairement cette expression entre guillemets car vous allez voir que ces « mauvaises » herbes ne sont pas si mauvaises qu’on le pense.

Nous leur avons donné à tord une connotation négative.

Les « mauvaises herbes » ne sont pas inutiles ou nuisibles. Elles ont une fonction. Elles permettent d’équilibrer les besoins du sol et favorisent le développement de la biodiversité.

Pourquoi cultiver en permaculture ?

La permaculture s’oppose à une forme d’agriculture dominante : l’agriculture intensive ou productiviste.

Le modèle agricole intensif pose plusieurs problèmes :

D’une part, il est dangereux pour l’environnement : Il provoque effondrement de la biodiversité dû à l’usage intensif de produits chimiques. Ces produits chimiques vont polluer les nappes phréatiques et les cours d’eau.

D’autre part, cette approche productiviste est dangereuse pour la santé : Certains produits chimiques sont reconnus comme potentiellement dangereux pour notre santé par la communauté internationale, mais ils continuent d’être utilisés. Des résidus de pesticides peuvent se retrouver dans nos assiettes, être ingérés et perturber notre métabolisme. Certains pesticides pourraient favoriser la probabilité d’apparition de maladies et cancers.

Enfin c’est un modèle qui repose sur l’exploitation des espèces et de la main d’œuvre.

Le système agricole et économique actuel favorise l’émergence de diverses formes d’exploitation.

On peut définir l’exploitation comme l’action de mettre en valeur quelque chose en vue d’en tirer un profit. Cette exploitation devient problématique lorsqu’une personne ou un groupe de personnes tirent un profit abusif de quelqu’un ou de quelque chose.

D’une part, le système agricole favorise l’exploitation abusive des espèces animales. Dans certaines fermes et abattoirs, les conditions de vie et d’abattage des animaux sont intenables. Il y a encore trop peu de lois qui protègent les animaux ou qui prévoient des sanctions contre les exploitants.

Et d’autre part, le système agricole intensif favorise l’exploitation abusive de la main d’œuvre. Les ouvriers agricoles peu qualifiés et étrangers, ainsi que les paysans indépendants sont les premiers touchés par cette exploitation économique.

La permaculture, une alternative éthique au modèle agricole intensif

Il faut savoir que les deux modèles agricoles dont j’ai parlé sont soutenus par des études scientifiques qui s’opposent et se contredisent.

Il y a notamment un argumentaire souvent énoncé contre le modèle de la permaculture : Les rendements provenant des méthodes d’agriculture biologique ou raisonnée sont plus faibles que ceux provenant de méthodes d’agriculture intensive. Par conséquent, on ne pourrait pas nourrir toute l’humanité en ne produisant que des denrées biologiques.

Mais certaines études menées sur le fonctionnement des systèmes agricoles en permaculture ont montré que la méthode par la permaculture est plus productive que la méthode intensive.

La permaculture s’inspire notamment du fonctionnement biologique des forêts.

Les forêts sont classées parmi les systèmes agricoles les plus productifs. Elles abritent une multitude d’espèces et de micro-organismes.

La prochaine fois que vous vous promènerez en forêt, je vous propose de prendre 5 minutes pour observer toutes ces espèces qui se développent toutes seules. Placez-vous à côté d’un arbre et observez tous les jeunes arbres de la même espèce qui poussent à côté. Soulevez-un tas de feuilles et observez les micro-organismes qui s’y sont logés.

Ensuite, vous pourrez comparer ce que vous avez vu à un système agricole classique de type « intensif ». Rendez-vous à proximité d’un champ agricole et observez. Vous ne verrez rien de particulier. Il y a peu voire aucune diversité. Prenez le temps de toucher la terre et vous verrez qu’elle n’y loge pratiquement aucune espèce vivante.

La permaculture, un idéal

La mise en place d’un système agricole en permaculture nécessite du temps pour être mis en place. La méthode par la permaculture doit perçue comme un processus et non une fin en soi.

L’objectif est de se questionner sur ses pratiques et d’adopter progressivement des pratiques plus adéquates et cohérentes avec l’idéal que vous vous êtes fixé.

Marina Mériguet

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